Mon 0-6 ans !

Évidemment, je n’ai pas beaucoup de souvenirs de cette période de ma vie, les faits relatés m’ont surtout été racontés par mes parents.

Cette période de ma vie fut marquée par le dévouement de mes parents à leur nouveau rôle de « papa » et « maman ». Avant même ma naissance, ils ont dû faire un choix difficile. Je suis jumeau et ma mère a accepté d’être alitée pendant sept semaines pour éviter un accouchement trop prématuré qui aurait mis nos vies en péril.

C’est ainsi que moi et mon frère sommes nés comme bébés prématurés de cinq semaines. À ma naissance, j’étais en détresse respiratoire. Après que les médecins m’aient stabilisé, je suis parti d’urgence pour l’hôpital de Sainte-Justine. Pendant les jours que j’ai passées à cet hôpital, mon père faisait un détour en revenant de son travail pour venir porter mon lait chaque jour.

Nous étions des bébés prématurés et de faible poids, et nous avons passé nos premières semaines dans un incubateur à la maternité de l’hôpital. Nos parents venaient nous voir chaque jour et ont pu prendre mon frère dans leur bras quelques jours après la naissance. Cela durait quelques minutes dans les premiers jours puis de plus en plus longtemps au fil des semaines. Pour ma part, ayant été transféré à Sainte-Justine où je suis resté plus d’une semaine ce n’est qu’à mon retour à l’hôpital de Valleyfield que mes parents ont pu me prendre dans leurs bras. Nous avons passé quatre semaines à l’hôpital.

Puis, un jour, nous sommes arrivés à notre maison. Le vrai défi de mes parents allait commencer. Par bonheur, mes grands-parents furent de bons conseillers pour eux. Ma mère décida que nous étions sa priorité avant sa carrière et resta à la maison pour nous éduquer jusqu’à notre rentrée en maternelle.

Ma mère m’a toujours dit que j’étais facile à comprendre et que je savais ce que je voulais ou ne voulais pas. Âgé d’à peine quelques mois, j’en avais assez du lait. Je voulais manger. Je voulais du solide. Je ne buvais presque pas et je tétais très fort ma suce. Ma mère m’a donné des céréales et tout est rentré dans l’ordre. Autour d’un an, un soir alors que ma mère me déposa dans mon berceau, je me mis à pleurer. Aussitôt qu’elle me reprenait, j’arrêtais. Elle décida donc de me laisser pleurer. Pas question de créer un caprice. Je me suis endormi après une quinzaine de minutes. Ma mère était soulagée et fière de ne pas avoir cédé… Le lendemain matin, je faisais de la température et une otite !!! Après cet événement, quand je pleurais sans raison apparente ma mère me gardait dans ses bras et à chaque fois une petite maladie en était la raison. Je ne pleurais pas sans raison et j’étais peu exigeant, un bon bébé quoi !

Puis, vers deux ans, comme tous les soirs, ma mère avait sorti nos pyjamas pour la nuit. Je fis une crise digne des mémoires, je ne voulais pas mettre ce le pyjama qu’elle avait choisi. Ne sachant pas trop quoi faire ma mère m’a laissé en couche et voyant que je voulais ouvrir les tiroirs de la commode elle m’a aidé. J’ai sorti un pyjama identique à celui de mon frère. À partir de ce jour, plus jamais ma mère n’a choisi mon linge pour moi. Côté vestimentaire, j’avais des goûts arrêtés et j’ai refusé de porter différents vêtements, par exemple je ne voulais pas porter de pantalon avec une fermeture éclair, ou bien de porter des capuchons ou des bonnets de fête.

Malgré mes quelques particularités, j’étais un enfant très aimable, timide et respectueux. J’étais toujours content. Malgré tout, je ne me démarquais pas tant des autres enfants de mon âge que ma mère fréquentait. Nous étions les premiers et les seuls pour mes parents et ils avaient vite accepté mes caractéristiques et comme le disait ma grand-mère : « J’étais en santé, fin et heureux, ce n’était pas grave. »

Mon père n’était pas moins présent dans notre éducation. C’est ainsi que chaque hiver, nous avions glissade et patinoire dans notre cour. L’été, piscine, balançoire, corde à grimper, jeux de pétanque et croquet s’entrecroisaient sur le terrain. Mon père était toujours prêt à nous accompagner dans nos découvertes du monde.

En somme, je crois avoir vécu un 0-6 ans digne des livres du parfait parent. Ceux-ci auraient sûrement beaucoup d’anecdotes à raconter sur les multiples erreurs qu’ils ont commises, mais étant donné que je n’ai aucun souvenir de celles-ci, je dois conclure que cette période fut très heureuse pour moi.

Mon 12-18 ans!

Vous avez dit sexe, drogue et rock’n’roll? Avez-vous un dictionnaire Larousse pour moi? Blague à part, cette période ne fut pas marquée par ces acronymes.
Pour la sexualité, je savais que j’étais hétérosexuel. Je trouvais certaines filles belles et attirantes, mais d’un point de vue physique et psychologique, mon intérêt était ailleurs. En plus, ma vision de la mode ne me rendait pas très attirant au premier coup d’œil. On rajoute le fait que j’étais un nerdz et ma popularité était très limitée. Sans compter que je ne cherchais pas à avoir de relation sociale.
La drogue et les souleries ne m’attiraient tout simplement pas. Pourquoi faut-il modifier notre capacité de réflexion pour avoir du plaisir? De plus, dans ma vision, ces consommations se faisaient toujours en groupes. Pourquoi fallait-il endormir notre cerveau pour avoir du plaisir en groupe? Les personnes de mon âge sont-elles si ennuyantes? Devons-nous être stupides pour vivre en groupe? Rien pour me donner le goût de vivre ces expériences et de me retrouver en groupes.
Je n’ai jamais eu d’intérêt pour la musique, alors cette période de ma vie n’a pas fait exception. Les quelques fois que j’écoutais de la musique, je me concentrais sur des chansons à texte ou mettant en relief la voix (chorale, chant grégorien, comédie musicale, etc.).
Malgré le fabuleux 16 ans de cette période, je n’avais aucun intérêt pour les voitures ou même mon permis de conduire. Mon vélo me suffisait et j’avais un père plein de dévotion, qui jouait au taxi en cas de besoin.
Pour mes activités, j’avais trouvé une voie dans les jeux vidéo et les jeux de rôle. Je m’y consacrais encore plus activement. Il m’arrivait de passer des nuits blanches à jouer à des jeux vidéo. Je pouvais faire presque des 24 heures consécutives. Je finissais certains jeux en quelques jours, et même certains, en quelques heures.
Les jeux de rôle m’accaparaient plusieurs heures aussi puisque je m’initiais aux Grandeurs nature c’est-à-dire que nous incarnions notre personnage dans la réalité. Je devais donc fabriquer mes costumes, armes, boucliers, accessoires et forteresse. Malgré que j’évoluais dans un monde médiéval fantastique, je voulais que tous soient le plus fidèles possible à l’époque médiévale. Ainsi, selon mes personnages, je fabriquais mes objets sur la base des faits historiques. Ainsi, j’ai fabriqué, entre autres, un bâton de magicien qui s’illuminait lorsque je lançais mes sorts, une armure en bois faite à partir d’une souche, un râteau (peu paraitre anodin, mais essayer d’en faire un pour frapper sur des personnes avec des tuyaux de PVC) et une armure annelée soit environ 2 000 washers que j’ai cousus sur un chandail. Je vous laisse imaginer la tête du marchand à la quincaillerie lorsque vous lui demandez 2 000 washers. À cette époque, la fraude des parcomètres sévissait…

Mon 6 – 12 ans!

Comme je traite de mon parcours scolaire dans d’autres articles, je me restreindrai à mon milieu familial et personnel.

Durant cette période, je suis un enfant quasi idéal. Je réussis à l’école, je respecte les règles, toujours de bonne humeur, serviable… Je fais les joies et le bonheur de mes parents. Malgré tout, j’étais assez solitaire et timide. J’étais aussi un enfant téméraire. Ainsi, je me suis fracturé une jambe, et un bras et fait une commotion cérébrale.

Dès l’âge de 6 ans, je commence à m’intéresser au Lego. Je ferai mes premières constructions, de quelques centaines de pièces, avec les plans. Celles-ci ne resteront jamais construites très longtemps. Je les démolirai pour reconstruire autre chose. Je ne réutiliserai presque plus jamais les plans après avoir fait mes constructions une première fois. Je ne jouais non plus jamais avec mes constructions. Je ne faisais jamais d’histoire, de course ou de bataille épique.
En parallèle, je commençais une collection de papillon et de roche. Je récoltais mes spécimens dans mes aventures. Sinon, quelques roches me furent données par un de mes cousins pour démarrer celle-ci.

Je développais rapidement un intérêt pour les jeux vidéo. Ceux-ci correspondaient à mes besoins. Ils m’obligeaient à relever des défis, me permettait d’améliorer ma coordination main-œil, je pouvais avoir des relations sociales sans devoir avoir un lien direct et je vivais des succès. Ainsi, je pouvais consacrer des dizaines d’heures par jour à certains jeux vidéo.

Comme la plupart des enfants, je participais à certaines activités sportives. Le baseball fut un échec et le hockey ne m’inspirait pas. Je développais mes compétences sportives dans la gymnastique, le badminton et un peu le tennis.
Durant toutes ces années, j’ai un intérêt marqué pour les histoires de capes et d’épées. Il ne fut pas surprenant que vers la fin du primaire, je me consacrais aux jeux de rôle. Ainsi, je me retrouvais dans un univers avec des règles claires et tout était possible.

C’est durant ces années que je m’initiais aussi à la science. J’aimais faire des expériences, surtout celles en lien avec la lumière et les couleurs. En parallèle, je découvrais les arts de la magie.
Finalement, vers la fin du primaire, je découvris le jeu de cartes Magic :The gathering. Celui-ci étant basé sur les probabilités, d’avoir les cartes nécessaires et sur la réalisation de combinaisons. Ce jeu représentait un amalgame d’intérêt pour moi et était parfait comme moyen interposé pour ma socialisation.